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Un dépotoir ...

humain!

Chantale et Daniel

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J’aimerais vous faire connaître ma version de la visite à Chureca. Comme j’avais déjà lu sur le sujet il m’intéressait maintenant de saisir l’expérience. Passer des mots au vécu est bien différent et je ne peux pas tourner la page. Au fur et à mesure que nous parcourons ce site nous constatons la dureté de l’endroit. Un nuage de poussière et de fumée nous enveloppe, des bovins perdus cherchent à manger dans ces détritus, quelques personnes nous regardent. A l’abri dans notre luxueuse autobus, fenêtre relevées, odeur oblige, nous avançons. A moitié du chemin ou nous nous contenterons de rester, nous voyons une situation ahurissante. Des centaines de gens sont là à attendre les camions de déchets, appelons-les plutôt les camions de survie.

Dans cet enfer chacun à sa place, hiérarchie oblige, les hommes en premier, les femmes et les enfants en dernier. Je ne peux n’y ne veux me cacher ce que je vois.Au retour dans ma réflexion certains mots me reviennent sans cesse. La différence que j’ai avec eux est le FAIT que je suis née au nord mais j’aurais pu naître là parmi eux! Aurais-je eu la force de survivre? Et vous l’auriez-vous?

A présent ma  conscience bien éveillée de ce vécu, comment puis-je être solidaire envers ce frère et cette sœur qui a droit à sa dignité?

Un grand sage nommé Don Julio m’a dit: donne ce que tu peux et non ce que tu veux et surtout ne sois pas triste, ton sourire est puissant offre-le!

                                                                                  Chantale

 

Nous sommes dans une société du jetable: rasoir jetable, stylo jetable...humain jetable! Ces éléments peuvent se retrouver au dépotoir.  Lors de notre visite de la "churecca", nous avons vu qu'il s'y trouvait des gens.  Ils sont plus de 1300 à vivre des déchets. Le Nicaragua est le pays le plus pauvre de l'Amérique latine après Haïti.  Imaginez ce qu'il peut y avoir dans leurs déchets. Seuls les plus forts survivent.  C'est la loi de la jungle.  Mais le monde n'est pas une jungle.  Nous ne sommes pas des animaux.

Au dépotoir se retrouve tout ce dont nous n'avons plus besoin.  Comment peut-on en arriver à re-jeter des personnes?  C'est souvent la logique du système dans lequel nous vivons et cela est plus flagrant ici.  Comme le dit Santiago, pour avoir des grosses légumes, par exemple de grosses carottes, il faut enlever les plus petites pour faire plus de places aux grosses. Mais les gens ne sont pas des carottes qu'on éliminent!

Dans cet environnement malsain, il y a toutefois de l'espoir.  "Dos generaciones" un organisme qui veut miser sur le potentiel des personnes pour  les aider en s'en sortir. Ils veulent attirer l'attention sur l'humain qui vit  dans ces conditions.  Déjà par leur travail, ils ont réussi à sortir des centaines de jeunes de cet enfer.  Une d'entre elles a complété des études universitaire.  De dépotoir à l'université, c'est pas mal. Ils humanisent la "churecca".

 Mais il faut plus.  Une société doit avoir comme principe le bien de son peuple, de tout son peuple.  On ne doit plus sacrifier la vie d'hommes, de femmes et d'enfants à  l'autel de la consommation.  Dans un autre temps on qualifierait ce comportement de barbare.  Pourtant il se produit chaque jour. Que pouvons-nous faire pour vivre plus de justice? Que pouvons-nous faire pour assainir davantage nos dépotoirs et pour les transformer en jardins fleurissants?  Nous devons semer autre chose que la compétition et la consommation pour récolter quelque chose de mieux.

                                                                                     Daniel