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Le centre communautaire

Pierre-Vincent  et Jeanie

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En 1989, l'organisme Spirale subventionna un projet qui, avec l'aide du père Santiago, sera décisif dans la vie quotidienne de la population de Nandaïme.  Le centre Oscar A. Romero était né!

Avec les années, plusieurs projets ont pris forme: la boulangerie, le collectif de hamacs, la garderie, les centres d'éducation, la fabrication de maisons et la clinique (offrant des produits naturels en plus d'un service de consultations).  Ces collectifs, regroupant plus de 50 familles, permettent à ces dernières de survivre.

Depuis plus d'un an, plusieurs jeunes de Nandaïme ont été formés dans le but de créer une radio communautaire dénonçant les injustices.  Ce moyen de communication sensibilise la population sur divers sujets tels que la politique et la sexualité.  La radio est fort utile comme moyen de revendication.  Elle a un certain impact car, suite à la dénonciation d'abus, la situation des victimes s'améliorent.

Il existe plusieurs visions de la pauvreté.  L'une d'entres elles, la plus courrante, consiste à prendre en pitié les gens défavorisés.  Les riches donnent aux pauvres sans se soucier du pourquoi de leur pauvreté.  C'est la méthode Robin des bois!  Immédiate mais éphémère, cette aide ne les conscientise pas et n'amène pas les gens à se développer, se prendre en main.

La vision adoptée par le centre communautaire est beaucoup plus efficace à long terme.  Plus complexe, elle demande plus d'efforts à mettre sur pied.  Elle consiste à voir la pauvreté comme étant un problème social.  Tous les individus possèdent un grand potentiel.  Pour les amener à se prendre en mains et à reprendre leur dignité, le centre organise des projets.  Ceux-ci ont pour but d'ouvrir de potentiel des gens du barrio pour un jour transformer la société.

Le centre développe plusieurs projets de lutte.  Tous les collectifs se rassemblent pour discuter de leur situation et de politique.  Pour arriver à changer la société, on doit arrêter de voir la pauvreté comme un fléau.  Il faut voir le côté humain et viser le développement des individus pour les intégrer dans la collectivité.

En résumé, le centre fournit une aide concrète à la population du barrio.  Il les amène à s'épanouir malgré les nombreux obstacles.  En permettant à certains jeunes d'aller à l'école et à l'université, le centre leur permet de se développer comme citoyen du monde et de se former un esprit critique.  Il permet aux habitants du barrio d'exploiter leur potentiel, d'avoir des ambitions, des rêves et des projets d'avenir.

Quelle vision de la pauvreté avons-nous au Québec?  N'aurions-nous pas avantage à se requestionner concernant notre manière d'aider les plus démunis, à analyser les problèmes en profondeur?  Réalisons-nous la chance que nous avons de pouvoir avoir des rêves et d'être maître de notre avenir?

 

Santiago et nous!

Façade du centre communautaire (radio).

Sergio Velez, docteur, dans la clinique du centre.